LUNDI 12 OCTOBRE 2026 ; 28è SEMAINE TO/A
Ga 4, 22-24. 26-27. 31; 5, 1 ; Ps 112 ; Lc 11, 29-32
Les Juifs réclament de Jésus un miracle après un refus de sa Parole. Jésus leur a prêché, ils n’ont pas cru; maintenant ils veulent un miracle. Jésus réplique qu’ils n’auront aucun miracle si ce n’est le miracle de Jonas. Sur appel de Jonas, les Ninivites se convertirent. Mais eux endurcissent le cœur pour ne pas changer. Au jour du jugement dernier, ils seront traités plus sévèrement.
En effet, le signe de Jonas, saint Matthieu l’explique : « Comme Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera au cœur de la terre trois jours et trois nuits » (Mt 12, 40). Ce signe, c’est la Résurrection du Christ. La Résurrection du Christ c’est le plus grand miracle que Dieu nous a déjà montré. Saint Jérôme, dans son commentaire sur Jonas, lit déjà l’histoire du prophète comme une figure de la mort et de la résurrection du Seigneur. Ce signe, nous l’avons reçu. Si, devant la Résurrection, notre cœur reste dur et refuse de changer, que pourrait-on faire de plus pour nous ? La Résurrection est le plus grand miracle que Dieu ait offert à l’humanité. Elle est à la fois la preuve de l’amour du Père et l’appel à une vie nouvelle : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut » (Col 3, 1).
Jésus nous a laissé un autre signe, qui demeure sous nos yeux : l’Eucharistie. Dieu lui-même accepte de demeurer dans une petite hostie et dans un peu de vin. « Ceci est mon corps, livré pour vous » (Lc 22, 19). Les disciples d’Emmaüs, eux, ont reconnu le Ressuscité à la fraction du pain (Lc 24, 30-35). Saint Cyrille de Jérusalem invite les nouveaux baptisés à ne pas voir seulement du pain et du vin, mais le Corps et le Sang du Christ (Catéchèses mystagogiques, IV). Quel prodige, déposé chaque jour sur nos autels, et si souvent reçu avec distraction ! Quel grand miracle devant nos yeux ! Et alors, pourquoi courir par-ci par-là à la recherche d’autres miracles pour que nous changions.
Bien-aimés, de nos jours, les gens sont plus attirés par les miracles. Beaucoup de nos frères et sœurs sont à la course des miracles. Leur foi est une foi des miracles. Leur Dieu c’est le Dieu des miracles. Quand il n’y a pas de miracles, c’est que Dieu n’est pas là. Jésus nous met en garde. Les miracles ne changent pas la vie. Ce qui est prioritaire c’est la conversion.
Or l’Évangile nous met en garde plusieurs fois contre cette attitude. Jésus soupire devant ceux qui ne croient que s’ils voient « des signes et des prodiges » (Jn 4, 48). Il annonce que de faux messies et de faux prophètes feront de grands signes pour égarer, si possible, même les élus (Mc 13, 22). Saint Paul constate que les Juifs demandent des signes, alors que nous, nous proclamons un Christ crucifié (1 Co 1, 22-23). Jésus dit encore, dans la parabole du pauvre Lazare, que si l’on n’écoute ni Moïse ni les prophètes, on ne se laissera pas convaincre même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts (Lc 16, 31).
Les Pères de l’Église ont dit la même chose. Saint Augustin enseigne que les miracles du Seigneur ne sont pas destinés à nous faire admirer seulement leur éclat. Ils nous invitent à lire ce qu’ils signifient et à nous tourner vers Celui qui les accomplit (Commentaire sur l’Évangile de Jean, 24). Saint Grégoire le Grand explique de son côté que les signes ont aidé l’Église à ses débuts, mais que le but est de conduire les âmes à la foi, non de la remplacer (Homélies sur les Évangiles, 4). Saint Jean Chrysostome, commentant la même demande de signe chez saint Matthieu, souligne que ceux qui la formulent avaient déjà vu de nombreux miracles : leur problème n’était pas le manque de preuves mais la dureté de leur volonté (Homélies sur saint Matthieu, 43).
Un miracle, à lui seul, ne change donc pas une vie. Ce que Dieu attend d’abord de nous, c’est la conversion. Telle est la première parole de Jésus dans l’Évangile : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15). Que Dieu nous garde des marchands des miracles.
Collecte
NOUS T’EN PRIONS, SEIGNEUR, QUE TA GRACE NOUS DEVANCE ET QU’ELLE NOUS ACCOMPAGNE TOUJOURS, POUR NOUS RENDRE ATTENTIFS A FAIRE LA BIEN SANS RELACHE.
LH: LUNDI 3
Préface commune
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