Méditation du jour: Des greniers pleins, une âme vide

Ep 2, 1-10 ; Ps 99 ; Lc 12, 13-21

Dans l’Évangile que nous méditons aujourd’hui, Jésus nous met en garde contre la cupidité, cette recherche immodérée des richesses. L’essentiel, c’est le Royaume des cieux. La richesse doit être acquise et utilisée en vue de Dieu, non pour le simple plaisir de s’enrichir, car c’est Dieu qui est le Maître de notre vie. Il peut nous rappeler à Lui n’importe quand : « Fou, cette nuit même, on va te redemander ta vie » (Lc 12, 20). Si la richesse nous a voilés les yeux jusqu’à nous faire oublier Dieu, nous serons semblables à cet homme imprévoyant, car « la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède » (Lc 12, 15). Tout dépend de Dieu. Gardons-nous donc de L’oublier à cause de la richesse, et plaçons nos capitaux en Lui.

Bien-aimés, l’argent est devenu l’unique préoccupation de beaucoup. Ils n’ont plus de temps pour Dieu : leur richesse est leur dieu, et leur slogan est « Ne touchez pas à mon argent ». Ils s’enrichissent pour s’enrichir, se contentent de comptes gonflés, sans partager ni aider les pauvres. Or Jésus nous rappelle que notre argent doit d’abord servir Dieu. Dans l’au-delà, personne n’emporte rien. On peut amasser des biens sur terre sans souci de son âme ; le lendemain, on meurt sans voir Dieu. L’argent n’achète pas le Royaume des cieux. Or c’est l’essentiel. Saint Basile le dit avec force : « Le pain que tu gardes appartient à celui qui a faim ; le manteau que tu conserves, à celui qui est nu; les chaussures qui moisissent chez toi, à celui qui est pieds nus ; l’argent que tu thésaurises, à celui qui est dans le besoin.» (Homélie « Je détruirai mes greniers » (Hom. 6, sur Lc 12, 18), § 7, PG 31, 261). Et saint Jean Chrysostome ajoute : « Ne pas faire participer les pauvres à nos biens, c’est les voler et leur ôter la vie. » (Homélies sur Lazare, II, 6 (PG 48, 992).

En réalité, l’argent n’est pas le problème, pas plus que d’en avoir beaucoup. Jésus ne condamne pas la richesse en soi. L’argent est utile à chacun : Dieu nous demande de travailler, Il condamne l’oisiveté, et celui qui travaille doit gagner de quoi vivre. Ce que Jésus condamne, c’est l’argent sans Dieu, c’est l’oubli de Dieu à cause de l’argent, c’est le gaspillage dans des loisirs vides de toute conscience de Lui. Cette parole touche donc aussi la gestion de nos biens : Jésus nous invite à une gestion responsable et chrétienne.

Un autre élément c’est de voir que le riche de la parabole ne parle qu’à lui-même. Dans ses quelques lignes, on compte « je » et « mes » à profusion : mes récoltes, mes greniers, mon blé, mes biens. Il n’y a de place ni pour Dieu, ni pour le prochain. La richesse enferme dans la solitude, alors que, partagée, elle ouvre à la communion. Or Dieu est caché dans les pauvres. Rappelons-nous d’eux chaque fois que nous gagnons de l’argent. Puisse Dieu nous donner cette conscience responsable d’une gestion chrétienne et charitable de nos avoirs.

Collecte

NOUS T’EN PRIONS, SEIGNEUR, QUE TA GRACE NOUS DEVANCE ET QU’ELLE NOUS ACCOMPAGNE TOUJOURS, POUR NOUS RENDRE ATTENTIFS A FAIRE LA BIEN SANS RELACHE.

Liturgie des heures : LUNDI 1

PREFACE COMMUNE

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*